Critique Ciné : Preschool (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Preschool (2026, direct to SVOD)

Preschool // De Josh Duhamel. Avec Josh Duhamel, Michael Socha et Antonia Thomas.

 

Dans la catégorie des comédies familiales récentes, Preschool tente de jouer sur un terrain déjà bien balisé : celui des parents prêts à tout pour offrir le meilleur avenir à leurs enfants. L’idée avait de quoi fonctionner, mais le film avance avec difficulté, coincé entre humour physique, satire sociale et rivalité masculine un peu lourde. L’histoire suit deux pères que tout oppose. D’un côté, Brian, entrepreneur qui a réussi à monter sa petite entreprise et qui veut offrir à son fils une éducation solide. De l’autre, Alan, restaurateur plus aisé, convaincu que sa fille mérite le meilleur dès le départ. 

 

Deux pères sont déterminés à inscrire leurs enfants dans une école maternelle d'élite.

 

Leur point commun : une obsession pour une école maternelle prestigieuse, Puggsley’s Academy, où il ne reste qu’une seule place. À partir de là, tout est posé : une compétition va s’installer, et elle ne va pas être très élégante. Le film démarre sur une observation assez juste de la paternité moderne. Brian adopte une approche pragmatique, presque dure, face à son rôle de père. Alan, lui, mise sur l’encouragement et des ambitions élevées. Deux visions qui auraient pu donner lieu à une vraie réflexion sur l’éducation et les attentes des parents. Malheureusement, cette piste est vite mise de côté au profit d’un enchaînement de situations censées être drôles.

 

Très rapidement, Preschool se transforme en duel. Les deux hommes se rencontrent lors d’une visite de l’école, apprennent qu’il n’y a qu’une place disponible, et entrent dans une logique de confrontation. Le film s’amuse alors à multiplier les petites humiliations, les coups bas et les tentatives pour impressionner la direction de l’établissement. Le problème, c’est que l’humour repose surtout sur des gags physiques et des situations absurdes. Une visite qui tourne mal, des expériences scientifiques détruites par maladresse, ou encore des tentatives de mise en valeur qui finissent en fiasco… tout cela donne une impression de déjà-vu. 

 

Le film semble recycler des mécaniques de sitcom sans vraiment chercher à les renouveler. Le scénario introduit aussi une épreuve censée départager les familles : un projet créatif autour d’un essai. Là encore, l’idée aurait pu apporter un peu de finesse. Mais elle devient surtout un prétexte à surenchérir dans la compétition. Brian tente des méthodes originales pour se démarquer, tandis qu’Alan mise sur ses moyens financiers et son image sociale. La rivalité prend alors une tournure de plus en plus excessive. Une scène de dîner met particulièrement en avant ce décalage social. Brian découvre le mode de vie d’Alan, ses goûts, ses objets un peu tape-à-l’œil. 

 

Ce moment aurait pu servir à creuser les personnages. Au lieu de ça, il sert surtout à alimenter la frustration de Brian et à préparer les prochaines confrontations. Le film enchaîne ensuite les épreuves : activités sportives, confrontations publiques, situations embarrassantes… jusqu’à atteindre un niveau de chaos assez étrange. Certaines scènes deviennent presque absurdes, avec des idées qui semblent ajoutées uniquement pour provoquer une réaction, sans réelle cohérence avec l’histoire. Ce qui frappe, c’est le manque de progression. La rivalité reste sur le même ton pendant une grande partie du film. 

 

Les personnages ne changent pas vraiment, ils répètent les mêmes erreurs, les mêmes comportements. Cette répétition finit par créer une certaine lassitude. Côté casting, les deux acteurs principaux font ce qu’ils peuvent avec le matériel proposé. Leur opposition fonctionne par moments, surtout dans les scènes plus calmes où l’on sent une vraie tension. Mais dès que le film bascule dans le pur comique, tout devient plus mécanique. Les dialogues manquent parfois de naturel, et certaines réactions semblent forcées. Les personnages féminins, en revanche, apparaissent plus posés. Les deux mères observent souvent la situation avec recul, comme si elles comprenaient l’absurdité du conflit. 

 

Leur présence apporte un peu d’équilibre, même si elles restent en retrait dans l’intrigue. Le film tente aussi d’introduire une dimension plus émotionnelle dans sa dernière partie. Les personnages commencent à réfléchir à leurs choix, à leurs priorités. Cette évolution arrive un peu tard et manque d’impact, car elle n’est pas suffisamment préparée en amont. Le passage du chaos à une forme de sincérité paraît brusque. Sur le plan visuel, Preschool reste assez classique. La mise en scène ne cherche pas à surprendre, elle accompagne simplement les situations. Le rythme est irrégulier, avec des moments assez lents suivis de scènes plus agitées, sans vraie montée en tension.

 

Ce qui ressort au final, c’est une impression de film hésitant. Entre satire des classes sociales, comédie sur la parentalité et rivalité masculine, Preschool ne choisit jamais vraiment sa direction. Le résultat manque de cohérence, même si certaines idées de départ étaient intéressantes. L’un des thèmes les plus présents reste cette volonté des parents de projeter leurs propres ambitions sur leurs enfants. Le film effleure ce sujet sans aller au bout. Il montre des adultes prêts à tout pour une école, sans toujours expliquer ce que cela dit vraiment de leur rapport à la réussite.

 

Note : 3/10. En bref, Preschool est une comédie qui part d’une idée simple mais qui peine à trouver le bon ton. Quelques moments fonctionnent, surtout lorsqu’il s’intéresse aux relations entre les personnages. Mais l’ensemble reste trop dépendant de gags déjà vus et d’une rivalité qui tourne en rond.

Prochainement en France en SVOD

 

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