4 Mars 2026
NCIS: Origins // Saison 2. Episode 9. Fools Rush In.
Avec l’épisode 9 de la saison 2, « Fools Rush In », NCIS: Origins poursuit ce qu’il a amorcé la semaine précédente : montrer que les décisions prises dans l’élan ont souvent un prix. Ce n’est pas un épisode de grandes révélations, mais plutôt un moment où chacun agit selon ses failles. Et ce sont précisément ces failles qui m’intéressent ici. Après le mariage impulsif de Gibbs dans l’épisode 8, on aurait pu s’attendre à un retour en arrière rapide. Ce n’est pas le cas. Au contraire, la série choisit d’explorer les conséquences, même si elles sont encore diffuses. Et c’est là que l’épisode trouve sa cohérence.
Le réveil à Las Vegas donne le ton. La scène fonctionne autant par son humour que par son malaise discret. Gibbs, marié, assumant presque calmement ce qui aurait pu être une erreur d’ivresse, surprend. Mais en y réfléchissant, ce n’est pas si incohérent. Depuis le début de la saison, Gibbs évite d’affronter ce qu’il ressent vraiment pour Lala. Avec Diane, tout semble plus simple. Il y a de l’affection, une forme de légèreté, et surtout moins de risques émotionnels. Après ce qu’il a perdu, on comprend qu’il cherche quelque chose qui ne menace pas de le briser à nouveau. Ce choix n’a rien de romantique. Il ressemble davantage à un mécanisme de protection.
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Il sait que ce qu’il ressent pour Lala est plus profond, mais aussi plus exigeant. Diane représente une relation plus accessible, moins chargée. C’est peut-être une décision rationnelle à court terme, mais elle laisse une impression d’évitement. La voix off finale, avec ce recul que l’on connaît déjà dans la série, souligne bien cette idée : on croit agir pour les bonnes raisons, puis le temps révèle autre chose. Du côté de Lala, la dynamique est tout aussi fragile. Elle aussi agit par réaction. Depuis son accident, elle semble moins prudente, moins analytique. Comme si la peur d’attendre avait pris le dessus sur celle de se tromper. Sa relation avec Manny en est l’illustration.
Ce n’est pas une grande histoire d’amour en construction, mais plutôt un refuge temporaire. Il est là, il la regarde sans la juger, il lui offre une présence immédiate. Après le mariage de Gibbs, la tentation d’aller vers quelque chose de tangible paraît logique. Pourtant, tout dans cette relation semble instable. Manny évolue dans un environnement dangereux, et la série ne prend même pas la peine de masquer les signaux d’alerte. On sent que cela pourrait mal tourner. Mais je ne peux pas vraiment reprocher à Lala ce choix. Elle ferme une porte, au moins pour le moment, parce que Gibbs l’a fait avant elle. Ce qui reste frappant, c’est que la tension entre eux ne disparaît pas.
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Elle change de forme, devient plus silencieuse, mais elle est toujours là. Même les regards en disent plus que les dialogues. L’autre dynamique intéressante de l’épisode concerne Mike Franks et l’agent Swanson. Dès leur première interaction, le ton est donné. Franks adopte cette posture défensive qu’on lui connaît, persuadé qu’il doit protéger les siens, en particulier son frère. Swanson, elle, ne fait que son travail. Mais elle ne se laisse pas impressionner. Leur confrontation dépasse rapidement la simple enquête. Il y a là une opposition de méthodes, mais aussi d’ego. Franks supporte mal de ne pas contrôler la situation, surtout quand Mason risque d’être impliqué.
Ce que j’ai trouvé pertinent, c’est que la série ne donne pas entièrement raison à Franks. Son instinct est souvent juste, mais son attitude complique les choses. Swanson agit avec rigueur, et c’est grâce à cette rigueur que certaines conclusions hâtives sont évitées. On sent presque une tension sous-jacente entre eux, quelque chose qui pourrait évoluer. Ce n’est pas développé frontalement, mais la graine est plantée. L’affaire autour d’Abe et du compound prend une tournure inattendue. Derrière l’apparence presque communautaire se cache un système d’influence plus sombre. Gibbs, cette fois, ne rate pas son interrogation. Il retrouve ce calme, cette économie de mots qui deviendra sa marque de fabrique.
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J’ai apprécié la manière dont il transforme une situation apparemment banale — son mariage, son état du matin — en outil stratégique. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est efficace. On voit naître le Gibbs que l’on connaît, celui qui comprend que le silence peut peser plus lourd que les menaces. Cette réussite arrive au bon moment. Elle lui redonne un point d’appui professionnel alors que, sur le plan personnel, tout reste incertain. Ce que raconte vraiment cet épisode, c’est l’idée que chacun agit pour éviter une douleur plus grande. Gibbs choisit la sécurité. Lala choisit l’instant. Franks choisit la confrontation. Et tous pensent, sur le moment, faire ce qu’il faut. Randy, lui, reste fidèle à lui-même. Il observe, soutient, tempère.
Sa constance apporte un équilibre bienvenu dans cet épisode où beaucoup agissent sans réfléchir. Si l’épisode 8 ouvrait des portes, le 9 montre ce qu’il en coûte de les franchir trop vite. Rien n’explose immédiatement, mais les lignes sont tracées. Et dans une série comme NCIS: Origins, ce sont souvent ces décisions intermédiaires qui façonnent la suite. On avance donc, pas vers une résolution, mais vers un terrain plus instable. Et c’est peut-être ce qui rend cette saison intéressante : elle accepte de laisser ses personnages se tromper, sans chercher à les sauver trop vite.
Note : 6.5/10. En bref, dans une série comme NCIS: Origins, ce sont souvent ces décisions intermédiaires qui façonnent la suite. On avance donc, pas vers une résolution, mais vers un terrain plus instable.
Prochainement en France
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