20 Juin 2026
Faces of Death // De Daniel Goldhaber. Avec Dacre Montgomery, Barbie Ferreira et Josie Totah.
Quand on entend parler d'un remake de Faces of Death, on imagine tout de suite un truc ultra crade, du gore gratuit et de la provocation pure, comme à l'époque de la VHS interdite en 1978. Mais le réalisateur Daniel Goldhaber a choisi de prendre tout le monde à contre-pied. Pas question de refaire le faux documentaire plan par plan. À la place, il nous livre un thriller horrifique bien ancré dans notre époque, qui mélange habilement l'enquête sombre, les codes du slasher et une vraie fixette sur nos dérives numériques. Le résultat est plutôt accrocheur, même si le film finit par freiner des quatre fers là où il aurait dû accélérer.
Une compilation de scènes violentes, mettant en scène la mort fictive d’êtres humains.
Tout commence avec Margot, une modératrice de contenus pour une plateforme qui ressemble à s'y méprendre à nos réseaux sociaux actuels. Autant dire que son quotidien est une purge : elle passe ses journées à scroller et à valider des vidéos signalées pour leur violence. Le déclic se produit lorsqu'elle tombe sur un clip particulièrement crudivore. Pour ses collègues, c'est juste un énième fake bien foutu ou un montage de geek. Mais Margot sent que quelque chose cloche et décide de fouiller le dark web et les recoins sombres d'Internet pour découvrir la vérité. Cette idée de départ est franchement bien vue. Aujourd'hui, on passe notre temps à douter de ce qu'on voit sur nos écrans entre les deepfakes et l'intelligence artificielle.
Le scénario joue à fond sur cette paranoïa moderne. Le film pose une question qui fait un peu mal là où ça passe : est-ce qu'on s'est tellement habitués à bouffer du contenu trash que la vraie violence ne nous fait plus ni chaud ni froid ? Cette mise en avant du voyeurisme et de l'indifférence collective donne parfois plus de frissons que les monstres de cinéma habituels. Le long-métrage n'oublie pas d'où il vient et glisse pas mal de clins d'œil à l'œuvre originale pour brosser les fans dans le sens du poil. C'est sympa pour la nostalgie, mais ça devient vite un piège. À force de vouloir rendre hommage au film de 1978, Faces of Death donne parfois l'impression de capitaliser sur un nom célèbre plutôt que de tracer sa propre route jusqu'au bout.
Heureusement, le casting aide à rester dedans. Barbie Ferreira s'en sort très bien dans le rôle principal. Elle donne à Margot une vraie dimension humaine et une obsession crédible qui porte le récit. Même si le scénario manque parfois de matière pour rendre son personnage légendaire, l'actrice fait le job avec une belle intensité. Mais la vraie claque vient de Dacre Montgomery. En grand méchant de l'histoire, il est carrément flippant. Il arrive à passer du mec lambda au psychopathe total en un regard, sans jamais en faire des caisses. Dès qu'il est à l'écran, l'ambiance devient lourde et on s'accroche à son siège. Visuellement, le film exploite parfaitement nos phobies connectées.
Daniel Goldhaber maîtrise son sujet et intègre les outils technologiques de manière super fluide. Les écrans partagés, les interfaces de modération et les flux vidéo en direct ne sont pas de simples gadgets visuels, ils font avancer l'angoisse. On retiendra notamment une séquence ultra tendue autour d'un train et un jeu du chat et de la souris version numérique qui montre que le réalisateur sait comment faire monter la pression. Là où le bât blesse, c'est du côté du gore. Avec un titre pareil, les amateurs de viande fraîche risquent de rester sur leur faim. Le film s'avère beaucoup plus sage que son ancêtre. Pas mal de morts se passent hors champ ou sont simplement suggérées.
Ce n'est pas un drame en soi pour un thriller psychologique, mais quand on s'appelle Faces of Death, on s'attend à une sacrée baffe graphique. Ce décalage entre la promesse du titre et la réalité de l'écran risque de frustrer une partie des spectateurs. Le dernier tiers du film accuse aussi le coup. L'enquête est fluide pendant une bonne heure, mais le final s'emmêle un peu les pinceaux. Pour amener les révélations et boucler l'intrigue, les scénaristes forcent un peu les lignes. Les personnages se mettent à agir de façon stupide ou incohérente juste pour faire avancer le schmilblick. Les scènes impliquant la police ou l'affrontement final perdent de la crédibilité que le film avait patiemment construite jusque-là.
Au bout du compte, ce Faces of Death version moderne reste une proposition plus intelligente que la moyenne des remakes actuels. Au lieu de bêtement copier une formule qui a vieilli, il tente de lier la fascination morbide des années VHS à notre obsession pour le contenu viral. C'est un thriller horrifique imparfait, mais le concept tient la route, la réalisation est propre et la performance de Dacre Montgomery vaut le détour. Une fin un peu plus solide aurait permis au film de marquer durablement les esprits, mais l'ensemble reste un bon divertissement pour les amateurs de frissons contemporains.
Note : 6/10. En bref, ce Faces of Death version moderne reste une proposition plus intelligente que la moyenne des remakes actuels. Au lieu de bêtement copier une formule qui a vieilli, il tente de lier la fascination morbide des années VHS à notre obsession pour le contenu viral. C'est un thriller horrifique imparfait, mais le concept tient la route, la réalisation est propre et la performance de Dacre Montgomery vaut le détour.
Prochainement en France en SVOD
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