30 Septembre 2026
Ted Lasso // Saison 4. Episode 9. Mae Rides the Bus.
À un épisode de la fin, la saison 4 de Ted Lasso accélère d'un coup. Beaucoup de choses se débloquent enfin, plusieurs histoires trouvent leur conclusion et certains personnages prennent un virage important. Et comme la série adore nous faire passer du rire aux larmes en l'espace de deux scènes, cet épisode réserve aussi un gros choc qui reconfigure complètement l'ambiance. Le résultat me laisse un sentiment partagé. J'ai aimé énormément de choses, mais j'ai aussi eu cette impression tenace que les scénaristes essayaient de boucler à toute vitesse tout ce qu'ils avaient laissé de côté depuis le début de la saison.
Après la blessure de Gemma, l'équipe doit apprendre à tourner sans sa meilleure joueuse. La pression est énorme : ce match peut permettre à Richmond d'accrocher la montée. Bonne surprise : pour une fois, Ted Lasso prend le temps de nous montrer du vrai football. Voir enfin les Lady Greyhounds sur le terrain avec un vrai enjeu fait un bien fou. L'équipe a développé une vraie cohésion, qui ne repose plus seulement sur les fameux discours d'avant-match de Ted. Alice joue un rôle central dans cette réussite. Son évolution sur toute la saison éclate au grand jour. Elle ne traite plus Shannon comme une gamine incapable de gérer la pression. Elle a compris qu'il fallait l'aider à prendre confiance en son propre jeu.
Même constat avec Gemma : Alice accepte désormais de respecter le rythme et les limites de ses joueuses au lieu de pousser à bout. Rien de spectaculaire, juste de la maturité et de la cohérence. C'est probablement le personnage que j'ai préféré suivre cette année. Elle était arrivée pleine de colère, de frustration, totalement incapable de nouer des liens normaux. Elle voulait du respect, mais elle ne savait l'obtenir qu'en mettant tout le monde sous pression. Quelques semaines plus tard, elle connaît ses joueuses par cœur. Elle pige leurs personnalités et adapte sa méthode à chacune. La petite attention envers les jumelles le prouve : elle retient leurs détails personnels pour s'en servir sur le terrain. C'est exactement ce déclic qu'il lui fallait.
Surtout, sa relation avec Gemma s'apaise nettement. Même s'il reste une lourde histoire entre elles, la confiance prend doucement le dessus sur la rancœur. J'espère juste que le final prendra deux minutes pour mettre à plat ce qui s'est réellement passé entre elles. Après une demi-heure à faire des tests en cachette, Keeley confirme ce que tout le monde avait deviné : elle attend un enfant. Le timing tombe de manière très particulière, alors que Roy et elle viennent à peine de se remettre ensemble. Sur le papier, l'idée se tient. Dans la vraie vie, une grossesse ne demande pas la permission au timing parfait d'un scénario. Les retrouvailles d'un couple peuvent vite déboucher sur ce genre de nouvelle.
Mais en tant que spectateur, c'est plus frustrant. J'aurais voulu voir Roy et Keeley fonctionner à nouveau en couple avant d'amener ce sujet. Après des mois d'éloignement, ils se remettent ensemble et hop, saut dans le temps hors champ, annonce de grossesse. Ça manque un peu de temps d'écran pour poser les choses. La scène où elle lui annonce reste très belle. La réaction de Roy est fidèle à lui-même : peu de mots, pas d'effusions inutiles, mais une émotion brute. Il va être père, et contre toute attente, le rôle lui va déjà très bien. Et puis arrive le drame autour de Mae. Un vrai coup sur la tête. La série avait progressivement donné plus d'épaisseur à la patronne du pub. Ce n'était plus juste la femme derrière le bar qui balançait des piques à Ted.
Elle était devenue l'âme du quartier et le soutien numéro un des Lady Greyhounds. Son attachement à cette équipe féminine prenait tout son sens quand elle évoquait son regret de n'avoir jamais pu jouer au football plus jeune. Son voyage en bus avec l'équipe avait une vraie portée symbolique. Elle partageait enfin le quotidien des filles, jusqu'à leur parler dans les vestiaires avant la rencontre. Un discours puissant, qui dépassait le cadre du sport pour rendre hommage à toutes ces femmes qui n'ont jamais eu le droit de rêver comme les jeunes d'aujourd'hui. L'équipe gagne le match. Mae est en tribunes pour savourer la victoire. Et son cœur lâche. Faire disparaître Mae à un épisode du final est un choix très lourd.
Je comprends l'intention narrative : montrer que cette victoire va bien au-delà du terrain, que Mae incarne une génération qui passe le relais. Mais la pilule reste dure à passer, d'autant que l'épisode a énormément appuyé sur elle juste avant pour préparer le terrain. Côté coulisses, autre révélation : Zelda est directement impliquée dans le rachat discret des parts de Richmond. La piste menant à Rupert s'éloigne donc un peu. Le souci, c'est que cette sous-intrigue sort du chapeau au dernier moment. Rebecca et Higgins cherchent encore à comprendre ce qui leur arrive alors que des mois se sont écoulés dans l'histoire. Zelda devient très suspecte, et son comportement louche prend du sens.
J'ai quand même du mal avec ce personnage depuis son arrivée. Son côté excentrique marche de temps en temps, mais sa caricature casse souvent le ton plus réaliste de la série. Cet épisode 9 coche toutes les cases de l'épisode de transition. Une montée validée, un bébé en route, une menace financière sur le club, l'aboutissement d'Alice et le décès de Mae : la série boucle ou lance un nombre impressionnant d'intrigues en moins de soixante minutes. C'est d'ailleurs son défaut majeur. Tout va un peu trop vite, sans laisser aux moments forts le temps de respirer. Malgré cette précipitation, l'ensemble fonctionne. Cet épisode retrouve cette étincelle qu'on cherchait depuis le début de la saison : la sensation rassurante que nos personnages avancent enfin. La vraie question est maintenant de savoir comment Ted Lasso va réussir à boucler toute cette histoire sans finir au sprint.
Note : 5/10. En bref, cet épisode 9 coche toutes les cases de l'épisode de transition. Une montée validée, un bébé en route, une menace financière sur le club, l'aboutissement d'Alice et le décès de Mae : la série boucle ou lance un nombre impressionnant d'intrigues en moins de soixante minutes. C'est d'ailleurs son défaut majeur.
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