1 Octobre 2026
Protector // De Adrian Grunberg. Avec Milla Jovovich, Matthew Modine et Isabel Myers.
Quand on lance un film avec Milla Jovovich, on sait à peu près à quoi s'attendre. L'actrice a passé une bonne partie de sa carrière à démolir des méchants à l'écran, et il faut reconnaître qu'elle a le physique et l'attitude pour ça. Sur le papier, Protector s'annonçait comme un bon petit thriller de vengeance. Dans la réalité, c'est surtout une accumulation de clichés qu'on a déjà vus mille fois. L'histoire est cousue de fil blanc. Nikki est une ancienne des forces spéciales qui essaie de mener une vie tranquille. Son mari est malade, la relation avec sa fille Chloe est compliquée, mais elle fait de son mieux.
La vie tranquille de la vétérante Nikki est bouleversée lorsqu'elle se réveille dans une usine abandonnée et découvre que Chloé a été kidnappée. Après s'être rapidement échappée, Nikki plonge dans le monde criminel de la ville afin de retrouver sa fille.
Jusqu'au jour où la gamine se fait enlever par un réseau de traite d'êtres humains. Nikki reprend alors ses réflexes de soldat et part tout défoncer pour la récupérer. Course contre la montre, trafiquants sans pitié, héroïne increvable : le scénario pioche un peu partout, de Taken à Peppermint en passant par Rambo. Le problème n'est pas tant le manque d'originalité. Après tout, un film d'action classique peut très bien fonctionner si le rythme est bon et que la baston envoie du lourd. Le souci ici, c'est que Protector déroule son programme sans aucune passion. Nikki trouve un indice, frappe un type, obtient une adresse, s'y rend, recommence. On regarde dérouler cette mécanique sans jamais trembler pour les personnages.
Pourtant, Milla Jovovich fait ce qu'elle peut. C'est clairement le seul vrai point fort du projet. Dans les scènes de combat, elle reste crédible. Elle sait occuper l'espace, son regard impose le respect et on croit sans peine à sa capacité à neutraliser un adversaire en trois secondes. Même quand le film lui demande d'exécuter des cascades un peu tirées par les cheveux, sa présence à l'écran sauve les meubles. Malheureusement, tout ce qui se passe entre deux bastons vient plomber le film. L'histoire tente de lui donner une touche humaine avec des moments en famille et des souvenirs de son passé militaire. L'intention est bonne, mais le résultat casse complètement l'élan du récit.
Pire encore, le film s'encombre d'une voix off particulièrement lourde. Nikki passe son temps à commenter ce qu'elle ressent ou ce qu'elle fait. C'est le genre de narration paresseuse qui explique par oral ce que les images ont déjà montré cinq minutes plus tôt. Les spectateurs n'ont pas besoin qu'on leur mâche le travail à ce point. Côté réalisation, ce n'est pas franchement mieux. C'est pourtant Adrian Grünberg qui est aux commandes, le réalisateur de Rambo: Last Blood. On pouvait donc espérer un minimum d'efficacité et d'impact. Malheureusement, les scènes d'action manquent cruellement de lisibilité. Le montage est haché, la caméra bouge dans tous les sens et la lumière est souvent beaucoup trop sombre.
On se retrouve régulièrement à plisser les yeux pour essayer de comprendre qui tape sur qui. C'est quand même un comble pour un projet qui mise une grande partie de son intérêt sur la baston. Une bonne scène physique n'a pas besoin de dix coups de ciseaux à la seconde pour impressionner. Elle doit rester lisible pour qu'on ressente vraiment les coups. Ici, l'agitation du montage cherche surtout à masquer une mise en scène sans idées. Le scénario souffre aussi d'un gros manque d'effort. Les méchants sont d'une banalité affligeante et forment un groupe sobrement baptisé « Le Syndicat ». Difficile de faire plus générique. Quant au fameux compte à rebours censé installer une urgence absolue, il tombe complètement à plat.
Le film nous répète sans arrêt que chaque minute compte, mais Nikki prend tout son temps pour discuter, réfléchir et voyager d'un point A à un point B. Cette différence entre ce qu'on nous dit et ce qu'on voit finit par sortir complètement du film. L'influence de Rambo se fait aussi sentir dans cette volonté de dépeindre une vétérane brisée capable de redevenir une machine de guerre dès qu'on touche à sa famille. C'était une piste intéressante : montrer comment une femme essaie de laisser la violence derrière elle pour se reconstruire. Le film effleure le sujet pendant cinq minutes avant d'abandonner toute finesse pour repartir sur des fusillades basiques.
Vers la fin, le scénario tente bien de placer un retournement de situation pour réveiller le spectateur. Sans gâcher l'intrigue, ce twist sort un peu de nulle part. Un bon rebondissement doit s'appuyer sur des indices semés au fil de l'histoire. Là, on a surtout l'impression que les scénaristes cherchaient un moyen brutal de conclure parce qu'ils ne savaient plus trop comment boucler leur affaire.
Note : 2.5/10. En bref, Protector déçoit. Milla Jovovich fait le job et confirme qu'elle a toujours sa place dans le cinéma d'action, mais elle méritait un projet nettement mieux construit. Entre sa narration lourdingue, son rythme bancal, ses scènes sombres et son histoire cousue de fil blanc, ce long-métrage ressemble plus à une production oubliable du dimanche soir qu'à un vrai bon thriller. Il manque cruellement de punch et de personnalité pour sortir du lot.
Sorti le 29 septembre 2026 directement sur Amazon Prime Video
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