9 Octobre 2026
Il y a des séries qui deviennent des repères rassurants au fil des ans et Ted Lasso en fait partie. Même quand un épisode patine un peu ou qu'une intrigue semble faire du surplace, le show conserve cette faculté rare de parler des gens avec une gentillesse et une franchise bienvenues. Ce final de la quatrième saison, intitulé « Being Alive », revient exactement aux fondations du projet : l'évolution personnelle, les liens qu'on noue et ce besoin vital d'avancer, même quand le quotidien devient compliqué. Après un neuvième épisode très fort en émotions, la barre était haute pour conclure la saison. Honnêtement, le résultat me laisse une impression plutôt positive.
Tout n'est pas parfait, certains choix donnent le sentiment d'avoir été un peu brusqués, mais l'épisode offre suffisamment de scènes marquantes pour donner du sens à l'ensemble. La question reste maintenant de savoir si l'on vient de dire un adieu définitif à Richmond. La disparition de Mae apporte une vraie gravité à cette conclusion. La série commence par réunir tout le monde au Crown & Anchor pour un temps de recueillement, avant de montrer chacun reprendre sa routine, ses projets et ses soucis. Au premier abord, on pourrait trouver que le deuil est expédié un peu vite. Mais dans les faits, l'ombre de Mae plane sur chaque décision majeure. Son départ pousse inconsciemment les autres à repenser leurs priorités.
C'est particulièrement flagrant chez Rebecca. Perdre Mae lui fait prendre conscience qu'attendre indéfiniment par peur de souffrir ne mène à rien. Elle franchit le pas et demande Matthijs en mariage, un geste spontané qui lui correspond tellement plus que ses anciennes manies de tout vouloir contrôler. De son côté, Roy accepte un virage énorme en prenant les commandes de l'équipe masculine de Chelsea. Partir de Richmond n'a rien d'annodin après son parcours avec les Lady Greyhounds, mais avancer exige parfois d'assumer de plus grandes responsabilités sans pour autant nier ce qu'on a construit. Le dernier match de la saison permet aux joueuses de mesurer le chemin accompli.
Avec le coup de pouce marketing de Keeley, le stade de Nelson Road fait le plein. Voir ces tribunes bondées pour du football féminin fait vraiment plaisir, surtout après les galères traversées par l'équipe pour obtenir de la reconnaissance et de vrais moyens. Seul regret : le terrain passe un peu au second plan. Après avoir suivi les efforts de ces joueuses toute la saison, j'aurais aimé une tension sportive plus marquée. La victoire fait du bien, mais elle manque d'intensité à l'écran. L'épisode préfère privilégier les retrouvailles, l'humain et les prises de parole inspirantes. Le retour de Nate fait aussi chaud au cœur. Aujourd'hui père et bien dans ses baskets, il recroise ses anciens camarades autour d'un échange sur la parentalité.
Ce moment aide beaucoup Roy à se poser les bonnes questions sur son propre rôle à venir. Sous sa carapace, l'ancien capitaine se révèle être un futur père assailli par le doute, prêt à écouter les conseils des autres. La trajectoire d'Alice reste selon moi l'une des plus belles réussit de cette année. Au fil des semaines, elle a su canaliser ses doutes, écouter ses proches et comprendre que diriger ne veut pas dire imposer sa volonté. La fin de l'épisode vient concrétiser ce parcours : elle prend la tête des Lady Greyhounds, épaulée par Ted et Beard en adjoints. Le symbole est beau. Ted ne cherche plus à tirer toute la couverture à lui. Il transmet le témoin, accepte de s'effacer un peu et valorise le travail de ceux qu'il a accompagnés.
Cette démarche résonne d'ailleurs comme une belle correction après les ratés du passé avec Nate, qu'il n'avait pas su guider à temps. Alice obtient la reconnaissance qu'elle mérite, au terme d'une progression fluide et cohérente. Sur le plan administratif, l'histoire autour de Zelda trouve enfin son issue. Son projet de racheter AFC Richmond est contrecarré par Rebecca et Higgins, qui gardent le contrôle du club en s'appuyant sur l'héritage laissé par Mae. L'issue est satisfaisante, même si la manière manque un peu de finesse. Les explications financières s'enchaînent vite et ressemblent parfois à une pirouette scénaristique pour placer les pièces au bon endroit. J'attendais une confrontation un peu plus poussée après des mois de tension.
Cela permet néanmoins à Rebecca de consolider son attachement au club tout en concrétisant sa vie personnelle. Sur le plan intime, Ted choisit enfin d'être honnête avec son fils Henry concernant le décès de son propre père, revenant sur la version adoucie qu'il lui servait jusqu'ici. La série n'étale pas tout, et c'est très bien ainsi. L'important réside dans ce refus de laisser la peur guider les échanges importants. Le montage final accompagne chaque personnage vers sa nouvelle étape. Roy part relever son défi à Chelsea, Alice prend les reines de l'équipe féminine, le pub retrouve ses habitudes et l'ambiance générale respire le renouveau. La bande-son apporte une légèreté bienvenue, même si le rythme global souffre de quelques irrégularités.
Tout n'est pas irréprochable dans ce final : certaines résolutions vont trop vite et l'humour n'a pas toujours le piquant des débuts. Cette saison 4 aura été en constante alternance, sans toujours retrouver la magie originelle. Je ne regrette pourtant pas ce voyage. Ces nouveaux épisodes ont apporté un souffle intéressant en mettant en avant le football féminin et en offrant à Alice une place centrale particulièrement réussie. La série garde son plus grand atout : une vraie tendresse pour ses figures et une envie sincère de les voir grandir. Des questions restent d'ailleurs en suspend, notamment sur le futur de Roy et Keeley. Une éventuelle suite aurait des choses à raconter, à condition d'oser renouveler la formule.
L'idée centrale de cet épisode reste belle et accessible : aimer implique d'accepter le risque d'avoir mal, et mûrir consiste à continuer d'avancer malgré les doutes. Ce n'est pas un final parfait, mais c'est un final fidèle à l'esprit de la série. Si nous devions en rester là, cette conclusion aura au moins rappelé pourquoi on s'était autant attaché à ce club et à sa bande.
Note : 8/10. En bref, ce final de saison 4 privilégie une émotion sincère et une belle thématique de transmission, même si le rythme parfois précipité et des facilités scénaristiques gâchent un peu le plaisir. Malgré un manque d'intensité sportive et quelques intrigues bouclées trop rapidement, l'épisode offre une conclusion chaleureuse et fidèle à l'esprit profondément humain de la série.
Disponible sur Apple TV
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog